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Du malt, du houblon et du feutre de laine - Episode 5 Accueil > Projets en cours > Le compagnonnage de Romain et Coline : Tour d’Europe des Savoir-Faire >

Du malt, du houblon et du feutre de laine - Episode 5


Chers foireu-x-z,

Nous venons de terminer notre étape drômoise, au bord de la dite rivière dans le village de Pontaix.

Pendant un mois, j’ai appris à brasser de la bière avec Alex de la brasserie d’Esgar, tandis que Coline a appris pour sa part à feutrer la laine sous maintes formes aux côtés de Birgit.

Du malt et du houblon (mais pas que...)

Cela fait longtemps longtemps que je m’intéresse à la bière et à son élaboration. C’est donc avec beaucoup d’excitation et d’attentes que je me suis immergé aux côtés d’Alex pour découvrir le métier de brasseur artisanal.

La brasserie est située dans la cave de la maison. L’installation permet de faire des séries de brassins de 400 litres et de les stocker pour la fermentation et la garde.

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Quant on commence à s’intéresser à la bière, on met les pieds dans un sacré engrenage ! Il y a d’abord les différents types des bières : blonde, brune, ambrée... qui sont essentiellement déterminées par le choix des malts (la majorité sont des grains d’orge germés puis torréfiés). Mais aussi aux houblons, qui définissent l’amertume et l’arôme. Et puis il y a le type de levure qu’on utilise pour lancer la fermentation et jouer sur d’autres gammes de parfums... Et il ne s’agit là que des ingrédients de base ! Le brasseur pourra rajouter à sa fantaisie du sucre (pour augmenter le taux d’alcool), des malts d’autres céréales (blé ou avoine par exemple pour jouer sur la couleur, l’onctuosité, la tenue de mousse), des épices, des fruits... Et puis, et puis... ok ça va, je m’arrête là. Je vous égare avec mes détails... !

En l’occurrence, les bières d’Esgar sont essentiellement élaborées avec les ingrédients de base, c’est à travers le choix des types de malts et de houblons qu’Alex élabore ses recettes.

J’ai pu brasser plusieurs types de bières (ambrée, blonde...) en sa compagnie, dont notamment une recette originale que nous avons imaginée ensemble afin d’obtenir une imperial stout (bière brune/noire forte). Réponse attendue dans quelques mois !

J’ai pris un plaisir immense à participer à chaque étape de l’élaboration de la bière : établir la recette, concasser le malt, empâter (mélanger le malt dans la cuve de brassage), filtrer, bouillir le moût (c’est là qu’on rajoute le houblon), transvaser en cuve de fermentation (et là on rajoute la levure)... et puis nettoyer tout le bazar qu’on a mis dans la brasserie pour préparer le brassin du lendemain !

J’ai d’autre part pu participer à d’autres tâches comme la mise en bouteille, le nettoyage et l’entretien de l’installation, la livraison et le branchement des fûts, l’étiquetage, le stockage... Alex m’a aussi présenté d’autres brasseurs avec lesquels nous avons beaucoup échangé (brasseries de la Bascule à Boulc, de la Pleine Lune à Chabeuil et des Garrigues à Sommières).

Mon initiation a pris la forme d’un véritable apprentissage !

Alex s’est révélé un excellent mentor, patient et attentif. Il m’a accordé sa pleine confiance au point de me lancer sur un brassin d’ambrée en quasi autonomie ! Oufti ! 400 litres de bières à brasser, avec la pompe qui se désamorce au mauvais moment, le gaz qui ne s’allume pas comme je veux, l’eau de rinçage qui ne chauffe pas assez vite... c’est un peu stressé, relativement excité et complètement absorbé que j’ai mené à bien cette mission d’envergure, point culminant de mon initiation !

En tout cas, j’ai vécu une expérience intense, complète et passionnante. C’est confirmé, j’aime ça faire de la bière ! J’ai la ferme intention de continuer à me former en faisant des petits brassins, et qui sait, en retournant à l’occasion manipuler le fourquet à la brasserie d’Esgar !

Du feutre de laine

De mon côté j’ai passé du temps à titiller la laine cardée ou peignée pour la transformer en feutre aux côtés de Birgit, à Crest.

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Nous avons donc passé quelques semaines dans un joli petit atelier (une ancienne réserve de grains située dans le centre de Crest) les mains dans la laine, l’eau et le savon. Car pour feutrer de la laine, il faut très peu de chose : de l’eau chaude, de savon de Marseille, éventuellement du papier bulle ou une natte, mais surtout surtout beaucoup d’huile de coude. Mes bras, mes poignets, mes doigts et mon dos s’en souviennent encore !

Le feutre se fait par la friction des fibres de laines mouillées entre elles. L’action mécanique les entremêle jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de les séparer. Pour feutrer on frictionne d’abord gentillement du bout des doigts des superpositions de couches de fibres. Puis on frotte vigoureusement avec la paume de la main. Ensuite on enroule dans le papier bulles dans toutes les directions et pour finir on foule le feutre sur lui-même.

Lorsque je suis arrivée, Birgit était en train de préparer un événement important de l’année : « la fête de la laine ». Il s’agit d’un salon où des exposants viennent de partout pour montrer leur travail autour de la laine. Je suis donc tombée à un très bon moment car elle avait besoin d’aide.

Tout au long du séjour nous avons procédé plus ou moins de la même manière. Birgit prenait le temps de me montrer et de m’expliquer chaque étape de la réalisation (de manière très pédagogique d’ailleurs), puis je réalisais un premier exemplaire que Birgit vérifiait avant de me donner le feu vert pour me lancer... sachant malgré tout que je posais encore 50 questions tellement la manière peut s’avérer vivante et inattendue ! Ce qui lui donne un petit côté magique...

Ça prend un peu de temps avant d’intégrer de quelle manière le feutre va bouger. Il est difficile de contrôler à quel endroit il va garder une certaine élasticité et comment il va rétrécir. Mais c’est aussi cela qui lui donne de l’intérêt, il y a une grande part technique dans sa maîtrise.

J’ai ainsi pu réaliser des porte-clés galet, des balles pour bébé, des abat-jours, des colliers, des fleurs, des coussins... Tant de façons de travailler la laine qui m’ont fait entrevoir l’infinité de possibilités que propose cette matière ! Elle se travaille fine comme épaisse, en volume ou à plat, seule ou avec d’autres matières.

Ce temps passé à l’initiation au feutre m’a juste donné envie d’aller plus loin et d’explorer cette matière aux ressources sans fins. Birgit a réussi à me faire comprendre la passion qui l’anime et à révéler l’intérêt de cette matière. Ce fut une vraie découverte tant au niveau de l’apprentissage qu’humainement ; j’ai été ravie de cette rencontre.

Ce séjour s’est donc conclu par « la fête de la laine », où j’ai pu voir 101 autres manières d’aborder la laine, des milliers de teintes et de couleurs, des textures et des formes à ravir la rétine.

C’est au milieu de cette foule d’exposants et de visiteur que j’ai remercier Birgit d’un petit cadeau en cuir (je ne lâche pas l’affaire !). Je suis partie une petite boule dans la gorge, comme si je n’avais pas vu venir la fin de cette étape.

Et maintenant, la route nous appelle à nouveau. Nous partons dans le sud des Cévennes afin de découvrir la céramique et espérons le, de retrouver un peu de soleil. Rendez-vous au prochain épisode !

Coline et Romain

PS : en guise de notice de savoir-faire pour cet épisode, nous vous proposons de découvrir la fabrication d’une crème de jour maison que Coline a appris dans le Forez avec Fannette (cf notice la crème de jour de Fanny-Fannette)

Lire l’épisode précédent, épisode 4
Lire l’épisode suivant, épisode 6 Fin du voyage

mise en ligne le dimanche 9 mars 2014 , par admin Sans logo.


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