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L'Aveyron et l'Ardèche - Episode 4 Accueil > Projets en cours > Le compagnonnage de Romain et Coline : Tour d’Europe des Savoir-Faire >

L’Aveyron et l’Ardèche - Episode 4


L’Aveyron

Nous sommes en Aveyron, réelle première étape de notre voyage autour des savoir-faire.

Les paysages de l’Aveyron sont magnifiques, des vallées et des collines toutes vertes, des vieilles pierres, des petits villages épars, un fleuve qui serpente paisiblement. Il y a même un puits de mine muséifié qui rappelle le passé industriel de ce coin de campagne perdu...

C’est dans ce cadre mêlant culture rurale et ouvrière que nous apprécions notre séjour grâce à un accueil hors pair de la part de notre hôte Caro. Heureusement qu’elle est là d’ailleurs sans quoi nos os se retrouveraient gelés jusqu’à l’arrivée du printemps ! Petit exemple : lors des nuits à -6°c, nous soufflons un nuage de buée par delà les 4 couvertures qui nous protègent du gel dans notre petit pingcar ! Brrr... du coup les repas du soir en famille et les pti déj’au chaud sont fort appréciés.

Coline apprend à travailler le cuir avec Caro.

Cette dernière l’initie à la coupe, à la couture, à l’assemblage, à l’analyse des qualités et des propriétés des cuirs et des modes de tannage, au traitement du cuir, etc... une initiation accélérée et inédite pour comprendre et connaître les premiers gestes du travail de cette matière. Caro travaillant la semaine la lance sur des exercices qu’elle corrige et commente le soir venu.

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Coline a expérimenté les techniques apprises à travers plusieurs réalisations, montant en crescendo de difficulté à mesure qu’elle améliorait sa dextérité avec ce matériau nouveau. Elle a ainsi pu réaliser quelques pièces de petite taille et mettre en pratique les coutures piquées retournées avec jonc (traduisez ?) pour créer une pochette dédiée à son matériel de dessin. Elle mène actuellement un « chantier » de mallette pour transporter ses outils de travail du cuir. Affaire à suivre !

Une chouette initiation tout en pratique, avec une prof particulière vive et spontanée, et singulièrement pédagogue. Une belle rencontre.

Caro nous a ouvert sa porte, ses bras et son réseau d’ami-e-s avec une grande simplicité. Nous avons ainsi fait la connaissance de tout un réseau de gens chouettes et motivés, qui travaillent dans un esprit d’ouverture et de cohérence (écologique/économique/sociale...).

De mon côté, je passe du temps auprès de Cédric afin de m’initier à l’apiculture.

Comme la saison ne se prête pas pour le mieux à cette activité, il s’agit davantage de préparer l’hiver : débroussaillage des ruchers, mise en pot, traitement contre les varroas, préparation de la propolis (cf notice préparer sa propolis). Mais le temps passé aux côtés de Cédric est précieux : il partage ses connaissances et sa passion des abeilles avec beaucoup de générosité et de pédagogie.

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Du coup il m’emmène dans ses pérégrinations vers les ruchers éparpillés dans la vallée du Lot et les alentours, mais aussi vers quelques uns de ses amis apiculteurs ou presseurs de pomme. C’est à chaque fois l’occasion de rencontrer des artisans passionnés et de tripper sur des coins magnifiques et paumés. On peut dire qu’il a choisi un cadre de travail plutôt agréable !

Je l’aide aussi parfois dans ses tâches quotidiennes : c’est ainsi qu’il ma tendu les rênes de l’attelage de ses ânes pendant les travaux des champs... les deux (têtes dures d’) ânes m’ont aussitôt identifié comme un pti bleu et m’ont bien baladé ! J’avoue que je ne brillais pas, avec ma grande expérience en équitation et mon sens inné de l’autorité !

En somme, nous nous plaisons beaucoup dans ce petit coin perdu au pied du massif central. A tel point que nous désirons fortement approfondir notre initiation auprès de nos « mentors » respectifs et de ce réseau de copain-e-s chaleureux et accueillants.

Rendez-vous est pris pour le printemps, où je pourrais découvrir un peu plus l’activité apicole, où Coline pourra se lancer dans des réalisations plus complexes en cuir, et où les fleurs et la musique printanière mettront un peu plus de couleurs dans ce paysage somptueux.

Le nord Ardèche ou la vie collective

Nous sommes dans le nord de l’Ardèche, entre Lamastre et St Félicien, près de Paiharès à la ferme de Tisseron.
Une équipe de bergers a investi les lieux avec leurs chiens, moutons, poules, veau, vache et légumes en tous genres.

Cette étape d’une huitaine de jours est une forme d’introduction : avec le collectif, mais aussi avec le travail de la forge, base incontournable du coutelier (en la personne de Remi).

Entre deux chantiers avec l’équipe (pose de tommettes et débroussaillage), Rémi a ainsi pris le temps de m’initier aux secrets de Vulcain. D’emblée il m’a prévenu que je ne me fabriquerais pas de couteau en une semaine, car comme il le dit avec ses yeux rieurs « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » !

Avant la pratique, tous vos sens sont déjà frappés.

Un vrai festival sonore : le ronronnement de la manivelle, le souffle crépitant ou grondant de la forge, le craquement des blocs de charbon de bois incandescents. Puis viennent les coups : entre le marteau et l’enclume, le fer sonne de plus en plus mat à mesure que la température baisse.

Bon, je passe les odeurs du charbon brûlant, du cuir des gants, des outils... Allons directement à la pratique.

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Prenez une barre de fer à béton, placez-là dans le feu, faites chauffer jusqu’au jaune clair, retirez-là du feu, placez-là sur l’enclume. N’oubliez pas de battre le fer tant qu’il est chaud ! Et là c’est parti : cling clang, cling, pour lui donner la forme souhaitée (carrée ou hexagonale dans mon cas). Puis à mesure que la température diminue, tac tac tac pour redresser la tige et lisser les marques du marteau. Répétez encore, encore, et encore. La forge demande une grande minutie, beaucoup d’observation, de la précision, de la force et de la finesse. Pas évident tout ça... Mais avec un maître coutelier qui vous épaule et vous met à disposition tout le matériel nécessaire, ça en devient grisant !

Je peux dire que j’ai adoré la forge, c’est fascinant et Coline est bien titillée aussi par la chose. Nous avons d’office pris rendez-vous au printemps pour que je complète mon initiation. Vivement !

Et puis il faudrait quand même parler un peu de l’ambiance dans le collectif, avec ces bergers fort sympathiques et particulièrement accueillants. Amateurs de bonne chair, ils ne ratent aucune occasion pour se délecter les papilles. Et comme ils visent à l’autosuffisance alimentaire et s’en rapprochent drôlement, on s’est régalé produits maison tout au long du séjour... miam miam miam !

Le collectif est monté en association, l’asso Monluc, pour laquelle chaque membre accomplit des tâches définies en réunion. Des temps sont prévus pour le travail collectif et le reste pour les activités personnelles et familiales. Par exemple le repas de midi est pris ensemble et préparé à tour de rôle. Lorsque notre tour est venu, nous avons concocté Le Fameux Stoemp-Saucisse uniquement avec des ingrédients maison (mmmh !).

Nous avons été impressionné par leur capacité à toucher à tout pour atteindre un maximum d’autonomie et de cohérence. On a ainsi pu assister au débardage des troncs de châtaigniers par Antoine et Magalie avec Syrah, une jument fougueuse harnachée avec du matériel fait maison (bourrellerie, quand tu nous tient !). Ces mêmes troncs, une fois débités, servent à chauffer le four à pain, et le charbon qui en résulte est réutilisé à la forge. Forge qui à son tour permet de fabriquer des outils et des pièces de l’harnachement dédié au débardage... et la boucle est bouclée !

En tout cas l’expérience était courte et intense, on est devenu-e-s très copain-e-s avec l’équipe de Tisseron et leurs enfants. C’est inéluctable, on y retournera au printemps !

Après avoir quitté l’Ardèche, nous avons fait une escale familiale à Montpellier. Nous avons pu apprendre chez mamie Odette quelques unes de ses recettes de fête (cf recette des sablés de noël). Du coup nous avons su régaler notre petit monde au moment de Noël !

A présent, nous nous préparons au départ vers le Diois. Destination la brasserie d’Esgar avec Alex et pleins d’autres savoir-faire à découvrir.

On the road again again again !

Lire l’épisode précédent, l’épisode 3
Lire l’épisode suivant, l’épisode 5

mise en ligne le mardi 28 janvier 2014 , par admin Sans logo.


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Le 29/01/2014
à 10:05:53 par
alicemangin88@ (...)

L’Aveyron et l’Ardèche - Episode 4

Bonjour Vous deux,

J’ai lu avec plaisir votre chronique, merci de prendre le temps de nous faire partager ça.
L’épisode du cuir a retenu mon attention... Est ce que vous pourriez m’en dire plus sur cette Caro bourrelière ? Savez-vous si elle organise des stage ou prends des apprentis sous son aile ?
Merci, j’attends de vos nouvelles, et bon vent !

Alice


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